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SALON DE L’AGRICULTURE : LES JEUNES FONT LEUR REVOLUTION | M6 | Zone Interdite

Cette année, le salon de l’agriculture joue très gros. Non seulement, c’est le 150ème anniversaire du concours Général Agricole avec ses fameuses médailles d’or, d’argent et bronze. Mais aussi parce que le monde paysan est en pleine révolution. La plus grande ferme du monde, comme on a coutume de l’appeler, avec ses 4000 veaux, vaches, poules et cochons, ses 650 000 visiteurs, ses milliers de fermiers qui viennent exposer leur savoir-faire et leurs produits d’excellence, c’est toujours un événement très attendu par les citadins. Mais le « manger mieux », l’écologie, la traçabilité des produits et le bien-être animal sont au cœur des préoccupations actuelles des consommateurs français. Et ça, la jeune génération d’agriculteurs l’a bien compris. Filles ou fils de paysans, citadins reconvertis, ils sont bien décidés à se battre pour lutter contre les préjugés et faire rentrer l’agriculture dans une nouvelle ère.

Comme Antoine qui contrairement à son frère et sa sœur qui ne veulent pas du tout reprendre l’exploitation familiale. Antoine a choisi de s’endetter lourdement, à hauteur de 350 000 euros, pour reprendre racheter la moitié de la ferme de son papa. Jusqu’à présent, son père devait faire un peu d’élevage intensif pour s’en sortir financièrement. Antoine, lui, veut tout miser sur la vente directe et les circuits courts, du producteur au consommateur, pour changer de modèle économique. Pour doper ses affaires, le jeune éleveur a besoin de se faire connaître, c’est pour cette raison qu’une médaille au Concours Général Agricole serait un bon tremplin pour lui. Une de ses vaches, de la race des Rouge des prés, a été sélectionnée. Mais la concurrence est grande… Pour gagner, il va devoir se surpasser, la bichonner et impressionner le jury.

La famille Chevreau, elle, produit du fromage, ça ne s’invente pas ! Du fromage de chèvre bien sûr. Rachel était comptable, son mari lui était ouvrier agricole dans le melon. Il y a deux ans, ils ont acheté une ferme dans les Deux-Sèvres, pour changer de vie. La chance du débutant ! Première participation au salon, première médaille. Du bronze, la troisième place… Mais ils ont immédiatement vu l’effet sur leurs ventes : +30%. Cette année, ils visent l’or pour leur tomme de chèvre, un fromage très apprécié par les consommateurs. Participer au salon leur revient à plus de 1000 euros, frais d’inscription et voyage. Mais cette année, toute la famille « montera » à Paris pour l’occasion, Arnaud le petit dernier n’a jamais pris le train…

Il y en a un autre qui a dépensé 30 fois plus, 30 000 euros, pour exposer à Paris, c’est Charles 40 ans. Il vient de la Réunion et il va venir avec plus de 1000 pots de confitures à vendre dans ses bagages. « Les confitures de la Fournaise » sont spécialisées dans les goûts exotiques et originaux : passion-litchee, mangue-passion et un improbable combava. Mais il a bien failli ne jamais venir. En mars dernier, un incendie a ravagé son laboratoire, il a tout perdu. Il a loué un stand de 28 mètres carrés qui a intérêt à marcher très fort et ses confitures concourent aussi pour la médaille d’or, histoire d’oublier définitivement les dégâts de l’incendie.

A 41 ans, Céline n’a rien a gagné. Ou plutôt, elle a tout à perdre. Si elle se rate, c’est la catastrophe pour tout le salon ! Elle est en charge de l’approvisionnement du foin pendant toute la durée du salon. Elle et son équipe se démènent pour nourrir les bêtes et garnir leur box. Pendant 10 jours, Céline et ses 4 salariés sont présents jour et nuit sur le site et le travail ne manque pas. Ce Salon, ce n’est pas qu’une aventure professionnelle pour Céline, son père retraité, son frère et son cousin viennent lui donner un coup de main. Et il y en a bien besoin. Nous la suivons lors du moment le plus fort du Salon : le fameux Turn Over. Céline et son équipe n’auront pas le droit à l’erreur, s’ils échouent, le Salon ne pourra pas ouvrir ses portes aux visiteurs.

Pour assouvir sa passion, Anaïs 33 ans, n’a pas une seconde de répit. Entre son travail de commerciale à Rennes où elle vit avec son mari Romain et la ferme-écurie de son grand-père, dans la Nièvre, elle a un peu mis de côté son désir d’enfant pour se consacrer à ses « chers » percherons. René son grand-père, 80 ans, était le deuxième plus important marchand en France. Anaïs, qui rêve de pouvoir vivre des percherons un jour, joue une partie importante au salon avec « Houpette. ». Toutes deux participeront au concours de beauté équestre. Anaïs doit débourrer « Houpette », c’est-à-dire la monter pour la première fois, et réussir à la dresser, à seulement 15 jours du salon. Sa jeune jument sauvage et Anaïs seront-elles à la hauteur ?

Quant à Jérémy, 19 ans, il a récemment gagné son ticket pour participer aux « ovinpiades », une sorte de décathlon du meilleur gardien de moutons. Il arrive tout de droit de la Lozère où il suit ses études dans le lycée agricole de Marjevols. Fils de fermier, il a réussi à devancer lors des sélections ses deux cousins Romain et Lucas. Tous 3 sont inséparables, ils ont le même âge et suivent la même filière. Mais ils ont un esprit de compétition très affirmé. Pas rancuniers, ils viendront le soutenir à Paris durant les différentes épreuves de lâcher de mouton, de tonte la plus rapide ou encore lors du parcours d’obstacle. Participer aux ovinpiades, c’est perpétuer la tradition. Mais pas seulement, pour Jérémy c’est l’espoir de se faire remarquer pour trouver un travail avant, un jour, de reprendre la ferme familiale.

Pendant toute la durée du salon, au milieu des jurés qui goûtent et font des heureux et des déçus, des vétérinaires qui soignent les bêtes et assistent les nombreuses naissances durant les 10 jours, des agriculteurs qui mangent et dorment sur place et des ventes aux enchères au cours desquelles un boucher et un restaurateur vont se disputer les meilleures bêtes, nous allons vous faire découvrir le fonctionnement en coulisses de cette énorme machine à rêve.