Chargement…


EN VILLE OU A LA CAMPAGNE : LES MAIRES SUR TOUS LES FRONTS | M6 | Zone Interdite

À l’heure où les Français ne font plus confiance aux politiques, les maires gardent leur cote de popularité intacte. Accessibles, disponibles presque 24 heures sur 24, prêts à se mettre en quatre pour résoudre les problèmes de leurs administrés. Qui sont ces hommes et ces femmes qui doivent faire beaucoup avec de moins en moins de moyens ? Ont-ils encore un vrai pouvoir ? Nos équipes sont parties à leur rencontre à l’heure ou 1 maire sur 3 envisage de jeter l’éponge et de ne pas se représenter. Benoît Hennart, est le maire « homme à tout faire » de Quitteboeuf, petit village perdu au milieu de la campagne normande. Avant, l’édile sans étiquette politique était patron d’une petite entreprise générale du bâtiment, aujourd’hui encore il ne se déplace jamais sans son matériel de bricolage. Il répare l’église, fait déjeuner les enfants à la cantine,  et  rend service à tous ses concitoyens. Son indemnité d’élu est de 1200 euros par mois, qu’il réinvesti sur sa commune ! Son pari :  maintenir en vie le village en retapant les commerces abandonnés. Les habitants ont besoin d’une boucherie, alors il s’est endetté à titre personnel, à hauteur de 250 000€, pour racheter et mettre aux normes une boutique. Il a mis sa femme et sa fille au travail bénévolement sur le chantier :  pas question de grever le maigre budget de Quitteboeuf : « on ne pourra pas me reprocher d’avoir la commune sur la paille si ça ne marche pas » dit-il. La boutique est fin prête, le loyer modeste,  mais réussira-t-il à convaincre un artisan-boucher de s’y installer ? A Chanteloup-les-Vignes en région parisienne Catherine Arenou (divers droite), ancien médecin généraliste  bataille depuis 12 ans pour changer l’image de sa ville  écornée par la délinquance et les trafics. Elle-même le dit :  « on n’est pas médecin par hasard, on n’est pas maire par hasard et on n’est pas maire de n’importe quelle ville par hasard. » Un combat difficile : durant notre tournage, un incendie spectaculaire et une nuit d’émeutes risquent de réduire à néant  ses efforts.  Mais  à 66 ans, cette maire-courage  est décidée à ne rien lâcher. Sylvine Thomassin (PS) elle gère Bondy, une ville de plus 54 000 habitants… dans un département qui a mauvaise réputation : la Seine-Saint-Denis. « Un maire est toujours à portée de baffes et à portée de bisous, comme je dis. » Manque de moyens, chômage et insécurité sont ses défis quotidiens. Cette ancienne sage-femme de 60 ans, maman de 4 enfants, fait partie des 5 maires qui ont déposé plainte contre l’État pour rupture d’égalité. Quand Marième Tamata-Varin(SE), a été élue à Yèbles, petite commune de Seine-et-Marne, elle-même a presque été surprise. Une femme, d’origine Mauritanienne et de confession musulmane, choisie comme maire dans un village qui a voté à plus de 50% pour Marine Le Pen aux dernières présidentielles, elle avait déjà relevé un sacré défi ! « Le racisme, je l’ai connu. Je n’ai pas peur pour moi. Mais pour ma famille. » Aujourd’hui elle jongle en permanence entre son mari, ses 2 enfants, son travail (3 jours par semaine à Paris) et son job de maire. Son tour de force ? avoir réussi à mettre tout le monde d’accord pendant son mandat ! Elle a sauvé l’école du village en réunissant plus d’1 million d’euros en ayant eu l’idée de faire appel au crowdfunding et  aux dons des particuliers. En quatre ans,  la population du village a gagné 300 habitants supplémentaires. Mais Marième Tamata-Varin livre aujourd’hui une nouvelle bataille : elle veut empêcher l’implantation d’une décharge de produits dangereux classés Seveso à 50 mètres exactement de son village… Bruno Ficheux (UDI) , dans le Nord, lui, est une sorte de maire Youtubeur. Ce papa célibataire de 57 ans n’hésite pas à se filmer et à mettre en ligne ses mises en scène, d’abord pour informer les habitants. Mais surtout pour faire avancer les dossiers auprès du département. N’en déplaisent à ses opposants et à ses détracteurs : « Nous sommes 36 500 maires, on n’est pas tous faits du même bois, on n’a pas tous les mêmes problématiques. Mais quand on est une commune de cette taille (6300 habitants), on peut communiquer de façon moderne. ».